14 RI-EU 156 / ILE TOMBELAINE


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Organisé et opéré par deux membres du Dolphin IOTA Team, 14 RI 049 José (Qsl Manager) et 14 RI 005 Jean-Louis, les 30, 31 mai et 1er juin 2003, le team s’embarque dans une galère périlleuse et épuisante. L’accès réputé difficile, voire dangereux de l’île Tombelaine, avait un an plus tôt déjà découragé une équipe d'une dizaine de radioamateurs vendéens, qui ont été contraint de s’installer et d'émettre sur le sable, à une cinquantaine de mètres de l’île.

L'île de Tombelaine et le Mont Saint-Michel (50)

 

Jeudi 29 mai 2003. Les deux équipiers passent une grande partie de la journée à chercher un moyen de traverser les deux kilomètres séparant la côte depuis le Bec d’Andaine (50) et l’île, avec le matériel. En fin de journée, un habitué de la Baie se propose de les y emmener, avec un tracteur. Il ne peut toutefois leur garantir d’arriver au pied de Tombelaine, car il faudra d’abord traverser deux larges rivières. Rendez-vous est pris pour le lendemain, à 9 heures du matin.

Le matériel est prêt, nous attendons le tracteur !

Incroyable, nous avons réussi à charger les 300 kg de matériel !

Vendredi 30 mai 2003. Un deuxième tracteur qui devait se joindre au premier n’est pas au rendez-vous. Après deux heures d’attente, le team décide de charger les 300 kg de matériel sur le seul tracteur disponible. Une bien rude journée se prépare pour les deux opérateurs. Le départ est enfin donné vers midi. Le tracteur, lourdement chargé, a de la peine à avancer et son pilote choisi avec soin son chemin. Les sables mouvants ne sont pas un mythe sur la Baie du Mont Saint-Michel. 14 RI 005, originaire de la région, les connaît bien !

Déchargement d'une partie du matériel.

Reconnaissance à pieds du fond de la rivière.

La première rivière est franchie, sans trop de difficultés, avant d'aborder la deuxième, autrement plus large et profonde. La veille au soir, un orage a provoqué une petite crue et le franchissement s’avère plus qu’hasardeux. Après quelques hésitations et une reconnaissance à pieds du fond de la rivière, le team décide de décharger la moitié du matériel au sec sur le sable, afin de ne pas rester planté au milieu du cours d’eau. C’est l’accélérateur à fond, à deux reprises, que l’équipe franchie l’obstacle, en priant qu’un nouvel orage ne vienne pas compromettre le retour.

C'est parti pour la traversée !

La galère commence avec le passage des rochers.

Enfin, l'équipe arrive au pied de l’île, vers 13H00 (11H00 TU). Le déchargement du matériel commence aussitôt. Pour accéder à l’île, il faut d’abord traverser une cinquantaine de mètres de rochers glissants, puis il faut hisser péniblement à bout de bras la totalité des 300 kg de matériels, pour atteindre le sentier très étroit, pentu et bordé d’épineux qui démarre à hauteur de tête. Tout le matériel est ainsi monté sur le chemin, afin de le mettre à l’abri de la marée. L'épuisement est déjà sensible, alors qu’il reste encore près de 100 mètres à gravir pour atteindre la plateforme, où la station sera installée, à mi-hauteur de l’île. Des goélands, nombreux sur Tombelaine, dérangés par les allers et venues, effectuent des attaques d’intimidation en piaillant et en lâchant des giclées de fiente sur les intrus.

Quelques minutes de pause, le temps d'une photo.

Chacun son tour.

Enfin, arrivé à la plateforme avec tout le matériel, le montage de l’antenne et de la station peut commencer. Seule la verticale est hissée avec difficultés au bord de la falaise. Puis, épuisés, déshydratés par la chaleur et l’effort, écorchés et griffés par la végétation et très affamés, les deux compères décident de reprendre des forces et de se restaurer, avant de démarrer l’expédition.

José, en plein trafic, inscrit un indicatif. Jean-Louis, à son tour au micro.

C’est seulement à 20H18 TU que le premier progressif est attribué à 14 RI 012 Philippe (35), plus pour donner des nouvelles que pour espérer un pile up. D'ailleurs, la propagation est quasi nulle, vue l’heure tardive. Le premier étranger à se signaler est Vito 1 AT 281 qui obtient le progressif 9, suivi par John 167 AT 101, progressif 13, à 21H19 TU. Les émissions sont stoppées à 21H48 TU, après avoir donné le dernier progressif de ce jour à Romain 14 FR 011, à 21H41 TU. Faute de place sur la plateforme, La tente n'a pu être montée. Le team dispose juste d'une bâche pour s'abriter du soleil, de la pluie, de l’humidité de la nuit et des goélands. Les rats n’avaient pas été prévus !! Toute la nuit, ils furètent dans les cartons pour chercher de la nourriture.

Les pélerins, tels une armée, s'avancent vers le Mont !

La marée monte, en suivant les cours d'eau.

Samedi 31 mai 2003. Complètement courbaturé, les deux opérateurs se lèvent vers 4H30 TU, sans avoir vraiment dormi, après cette nuit trop courte et agitée. Avec surprise, ils constatent qu'ils sont attendus sur la fréquence. Les émissions démarrent aussitôt, malgré une propagation médiocre et des signaux très faibles. Les émissions sont finalement stoppées à 21H54 TU. Pour cette première journée, le team a délivré 191 progressifs sur 27 divisions.

José au micro, dans l'après-midi de samedi.

Encore José, cette fois dans la matinée du dimanche.

Dimanche 1er juin 2003. Ce jour là, c’est à 5H23 TU que l'expédition reprend. Tandis qu’un opérateur est au micro, l’autre commence à redescendre le matériel non indispensable. En effet, le retour vers le Bec d’Andaine est prévu pour 14H00 (12H00 TU). Une ouverture sur l’Australie permet d’ajouter un nouveau continent dans les logs. Enfin, à 10H45 TU, le team cesse définitivement les émissions et commence le démontage et la pénible descente du matériel sur le sable, à une cinquantaine de mètres de l’île. Comme prévu, à 12H15 TU, les deux équipiers quittent les lieux à bord de deux tracteurs, dont un avec remorque, après avoir chargé tout le matériel. La Baie est traversée en se cramponnant aux caisses et complètement maculés de vase, de sable et d’eau salée, à plus de 30 Km/h. A l’arrivée, il faudra deux heures pour décrotter le matériel, ainsi que les opérateurs.

Jean-Louis et José. Photo souvenir. La fatigue est sur les visages.

Le matériel est déchargé. Le nettoyage va commencer !

Bilan : 270 progressifs, 5 continents et 33 divisions. Ce bilan ne récompense pas les efforts intenses fournis par les deux opérateurs. Seul le plaisir d’avoir réussi à deux, là où un groupe de radioamateurs a renoncé, les console de leur extrême fatigue. Il va sans dire, que le site où le team s’était installé, a été soigneusement nettoyé avant le départ, afin de le laisser aussi propre qu’à l'arrivée. L’île n'appartient pas aux humains, mais aux goélands et autres oiseaux de mer qui y nichent.

N'OUBLIEZ JAMAIS QU'UNE ILE EST UN MILIEU FRAGILE ET QU'IL FAUT LE RESPECTER COUTE QUE COUTE !

14 RI 005

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